Arsenal, somme philosophique.

Publié le par David Sent

A regarder Djourou, Nasri ou Wenger, rien ne laisse supposer la secrète destination de leurs efforts. Mais dans le regard perçant  de Koscielny et l'oeil vif de Chamakh, tout connaisseur perçoit l'ironie de Descartes, la puissance de Hegel. Arsenal est bien plus qu'un club de football, c'est un réseau de penseurs, une expérimentation philosophico-sportive. Arsenal est le seul club sincèrement et fondamentalement philosophique, le seul à casser les tabous, à se battre contre les préjugés. Ces dernières semaines ont même permis au club de Londres de rétablir quelques vérités. En voici six parmi les plus fortes de la riche pensée du club philosophe.

 

Antithèse n°1 (mathématique) : Qu'il ne suffit pas de mener 4-0 à l'extérieur face à un club de milieu de tableau pour gagner le match.

Démonstration : 5 février 2011 ; Newcastle 4 - Arsenal 4

Corollaire (politique) : Qu'il ne suffit pas d'être une formidable machine à conquérir le pouvoir pour se transformer en homme capable de l'exercer.

 

Antithèse n°2 (économique) : Que le budget n'explique pas tant de choses que ça.

Démonstration par l'absurde : Si Manchester et Chelsea sont supérieurs sportivement car économiquement, pourquoi Birmingham City a-t-il battu Arsenal en finale de la League Cup ?

 

Antithèse n°3 (éthique) : Qu'il ne sert à rien de cultiver pendant dix ans une image de club fair play pour ensuite se laisser aller.

Démonstration : Les demandes d'excuses adressées par Wenger à l'UEFA après l'expulsion de Van Persie.

 

Antithèse n°4 (mécanique) : Que bien jouer ne veut pas dire gagner.

Démonstration : 27 février 2011 ; Birmingham City 2 - Arsenal 1

Corollaire (politico-sportive) : La popularité ne prédit en rien du succès futur.

 

Antithèse n°5 (dynamique) : Que la qualité d'une équipe est aussi liée à sa force offensive qu'à sa capacité à défendre.

Démonstration : Les cinquante-six premières minutes du match Barcelone-Arsenal de mardi.

Corollaire : Il peut être judicieux de savoir jouer sans ballon quand on sait que l'adversaire possèdera ce dernier la majeure partie du match.

Démonstration subsidiaire : La saison de l'Inter Milan 2009-2010.

 

Antithèse n°6 (politique) : Que la claque médiatique ne fait pas gagner de titres.

Démonstration : Ces dernières années d'omniprésence médiatique triomphant mieux sur les plateaux de télévision que sur les terrains de football.

Corollaire : Qu'un club mineur au niveau mondial peut être considéré par certains comme un idéal.

 

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