Calendrier de l'Avent 2010 : 13.

Publié le par Arnaud Strada

Portant lui-même sa croix, Jésus sortit et gagna le lieu dit du Crâne, qu'en hébreu on nomme Golgotha. C'est là qu'ils le crucifièrent ainsi que deux autres, un de chaque côté et, au milieu, Jésus. (Jn, XIX, 17-18)

 

Le lieu du Crâne, en latin calvaria, le calvaire, qui a pris aujourd'hui le sens d'une longue souffrance. Un peu comme un chemin de croix. Ces mots reviennent régulièrement à propos de l'équipe d'Arles-Avignon, ses sept points en dix-sept match et sa dernière place au classement. Sans doute les juge-t-on exagérés : au fond, ce n'est que du football ; finalement, il n'y aura pas mort d'homme ; et puis, que les joueurs perdent ou gagnent, c'est leur travail de jouer au football.

 

Mais imaginons l'ambiance dans le vestiaire à la fin de chaque match, ou pire : avant chaque match. Nous sommes presque à la moitié du championnat et la relégation est déjà plus que probable (le premier non-relégable compte déjà plus de deux fois le nombre de points qu'on a difficilement grappillés). A quoi les joueurs pensent-ils ? Les espoirs de primes de match sont perdus de vue, aujourd'hui l'exploit c'est de ne pas prendre de but, de réussir des séries de passes, de montrer un peu de football. Qu'il doit être difficile d'enfiler son short avant un match quasi perdu d'avance contre Lille, dans le froid, avec cette sale peur de prendre une rouste et d'être ridicule. Et qu'on arrête avec ces histoires de salaire : quand on s'en prend quatre contre Paris à peine à fond, c'est la dernière chose qui vienne à l'esprit.

 

Naturellement, les joueurs donnent tout ce qu'ils peuvent. Ils donnent infiniment plus que s'ils étaient quinzièmes ou seizièmes : ils courent contre le temps qui ne veut pas passer, contre les matchs qui se suivent trop lentement. Car même après quatre-vingt-douze minutes de jeu, il y a une quatre-vingt-treizième minute qui offre la victoire à l'adversaire. Et après le coup de sifflet final, la douche brûlante ne suffit pas à oublier que dans une semaine il faut recommencer : courir moins vite que l'adversaire, sauter moins haut, pas parce qu'on est si mauvais que ça, mais parce que quelque chose ne fonctionne pas. Comme si c'était écrit. Un calvaire, on vous dit !

Publié dans Calendrier

Commenter cet article