Calendrier de l'Avent 2010 : 14.

Publié le par Verbal K.

Tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui bâtit une maison : il a creusé, il est allé profond et a posé les fondements sur le roc. Une crue survenant, le torrent s'est jeté contre cette maison mais n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui entend et ne met pas en pratique est comparable à un homme qui a bâti une maison sur le sol, sans fondations : le torrent s'est jeté contre elle et aussitôt elle s'est effondrée, et la destruction de cette maison a été totale. (Lc, VI, 47-49)

 

Certains sages racontent que tous les discours de Jésus Christ avaient une portée politique. En période de crise les hommes politiques n'appellent-ils pas de leurs voeux à un retour aux fondamentaux ? Jean-François Copé, dernièrement, voyant son parti pris entre les eaux du Parti Socialiste et celles du Front National, évoquait la nécessité pour la famille UMP de revenir à ses fondamentaux : la sécurité. Si l'on accepte de considérer que l'UMP s'est effectivement éloigné de ses fondements sécuritaire, on peut tout de même s'interroger sur l'opportunité de rebâtir une maison en pleine tempête.

 

D'autres sages estiment qu'en réalité Jésus Christ était l'entraîneur d'une équipe de football. S'il parlait par paraboles, c'est que les joueurs de l'époque sortaient tous d'établissements de sport-études qualifiés et exigeants, et que leur niveau sportif valait leur niveau culturel : pour devenir professionnels, ils devaient passer leurs Humanités d'abord. En bref, l'idéal antique, sana mens in corpore sano. Pour les non-latinistes : c'étaient des Cantona période mouettes-chalutier.

 

Nul besoin de leur expliquer ce que le Christ dépeignait en termes fleuris - une maison, la crue, le torrent. Les fondamentaux, comme on dit aujourd'hui, ce sont les passes appuyées, les tacles agressifs dans le bon sens du terme, le respect du maillot, etc. Bref, toutes ces choses dont un joueur du Real Madrid n'entend jamais parler, mais qu'on rabâche régulièrement à Nantes, Paris ou Marseille, villes toutes plus exposées aux inondations que la capitale espagnole.

 

Bref, les fondamentaux, c'est bien, c'est important. Et puis c'est facile. Crise à l'université ? Dictées, orthographe, grammaire et calcul à la maternelle : sus aux cancres, vivent les fondamentaux ! Incivilités dans les cités ? Cages d'escaliers interdites, groupes dissous, ronde des préfets, visite présidentielle : c'est fondamental ! Fumigènes malodorants, bastons intestines, club relégable ? Supporteurs interdits, papa, maman, fiston en rang d'oignon dans le kop : les fondamentaux, je vous dis !

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