Calendrier de l'Avent 2010 : 17.

Publié le par Grôme BonalD

Un lépreux s'approcha de lui ; il le supplie et tombe à genoux en lui disant : "Si tu le veux, tu peux me purifier." Pris de pitié, Jésus étendit la main et le toucha. Il lui dit : "Je le veux, sois purifié." A l'instant, la lèpre le quitta et il fut purifié. S'irritant contre lui, Jésus le renvoya aussitôt. Il lui dit : "Garde-toi de rien dire à personne, mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit : ils auront là un témoignage." Mais une fois parti, il se mit à proclamer bien haut et à répandre la nouvelle, si bien que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais qu'il restait dehors en des endroits déserts. Et l'on venait à lui de toute part. (Mc, I, 40-45)

 

Enfin une récompense pour les entraîneurs : "le Ballon d'Or des entraîneurs, lira-ton dans les livres d'histoire, fut inventé plus de cinquante ans après la récompense suprême pour les joueurs." Mais au fond, pouvait-on l'inventer avant ?

 

En récompensant un joueur, en le décrétant meilleur joueur du monde, les votants ne font qu'officialiser la starification du football. Jamais la question n'est posée de savoir dans quelle mesure la performance collective influence  la qualité de la performance individuelle (alors que l'inverse est un lieu commun du commentaire sportif). Chaque année, les surprises sont rares : est élu le joueur qui fut le plus en vue, qui s'est le plus montré, qui a marqué le plus de buts, ou de beaux buts, qui a remporté la Coupe du Monde, etc. Un vote de myopes, en somme : plus c'est gros... La qualité des attaquants étant plus aisément repérable et chiffrable, les défenseurs sont officieusement quasi disqualifiés.

 

Pour que fût créé un Ballon d'Or des entraîneurs, il fallait que ceux-ci acquissent une certaine notoriété. Ils l'ont fait, les entraîneurs-stars de nos jours le prouvent. Alex Ferguson, José Mourinho, Josep Guardiola, Didier Deschamps, Louis Van Gaal ne sont pas de simples éducateurs, ce sont des personnes publiques capables d'occuper la scène médiatique aussi bien que leur avant-centre ou leur ailier gauche. Provocations, caprices, rumeurs de transferts : ils maîtrisent le football moderne.

 

Il en reste donc trois : Josep Guardiola, Vicente Del Bosque et le futur vainqueur, José Mourinho. Le trophée a été créé pour lui, il est le type-même de l'entraîneur moderne. Il est la star. Il fait tout : il recrute, il compose l'équipe, il entraîne, il chauffe l'adversaire, il gesticule sur la touche et il gagne. Il est le football professionnel. Bien sûr, Del Bosque a gagné la Coupe du Monde, et ça c'est gros, même en ennuyant la moitié non-hispanophone et non-démago de l'Humanité (il reste peu de monde). Mais Mourinho doit gagner, parce qu'il est le Ballon d'Or.

 

Platini disait dernièrement que même Mourinho n'aurait rien pu faire avec la sélection française en Afrique du Sud. Même Mourinho : Il est l'entraîneur étalon.

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