Contre mauvaise fortune...

Publié le par Gilbert Té

Jean-Luc Vannuchi est un éducateur prévenant et engagé. Il nous l'explique lui-même : "De nombreux joueurs arrivent en fin de carrière et ne savent pas quoi faire. Ils ont négligé les études pour se concentrer sur le football et sont persuadés qu'il ne leur reste plus qu'à repartir de zéro. En réalité, ils possèdent après une carrière d'une dizaine d'années une expérience du football que n'ont pas nombre d'agents et de dirigeants. Le tout est de prendre conscience de cet atout et de le faire valoir."

 

Cependant, là où la gloire passée de Zidane, Fernandez ou Larqué suffit à attester de leurs qualités de conseiller, d'entraîneur ou de dirigeant, d'autres doivent encore se former. "C'est pourquoi je propose à mes joueurs de se familiariser avec les différents métiers du football : entraîneur, adjoint, kiné, recruteur, etc. J'aime penser que lorsque mes joueurs arrêteront, ils ne seront pas livrés à eux-mêmes sans moyen de s'en sortir. Et si je peux aider à faire naître quelques vocations..."

 

Ce soir, ce sera atelier d'observation de l'adversaire pour la vingtaine de joueurs du Paris FC. Tous se déplaceront au Parc des Princes pour assister au match entre le Paris Saint-Germain et leur futur adversaire en Coupe de France, le FC Sochaux-Montbéliard.

 

Pour cette séance de travaux dirigés, les joueurs seront répartis aux quatre coins du stade. Officiellement, la raison en est la volonté d'observer l'adversaire sous des angles différents. Officieusement, il s'agirait plutôt d'obliger tous les stagiaires à s'impliquer sans se reposer sur le travail de deux ou trois têtes de classe.

 

D'après la rumeur, pourtant, la vérité serait bien moins pédagogique que cela. Lorsque l'entraîneur du Paris FC se rendit aux guichets du Parc des Princes la semaine dernière, la caissière aurait été dans l'impossibilité de lui vendre vingt places regroupées dans la même tribune : "Question de sécurité", lui aurait-on répondu. Vingt jeunes de région parisienne voulant assister ensemble à un match du PSG, c'est sûr, ça sentait le coup fourré, de la banderole anti-Peugeot au "Colony démission".

 

Contacté en urgence par la zélée caissière, un haut-fonctionnaire du PSG dont nous ne dévoilerons pas l'identité aurait répondu : "Aux quatre coins du Parc on doit les retrouver éparpillés par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m'en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile."

 

Comme dit le proverbe, la méformation des uns fait la formation des autres.

Publié dans Philosophie

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