Déplacement maîtrisé, spectacle aseptisé.

Publié le par A. Crampon

Le déplacement s'annonçait difficile pour le FC UMP en terres vaticanes chez le RC PapOT BXVI, les deux équipes livrèrent finalement un match terne et défensif.

 

Les enjeux : Côté RC PapOT BXVI, un match nul est nécessaire pour conserver le titre d'équipe première du catholicisme. Pour le FC UMP, il s'agit de revenir à Paris avec au moins le point de l'apaisement diplomatique avec le Vatican afin de mettre un terme à sa chute dans le classement des équipes préférées des catholiques français.

 

Tenue :

RC PapOT BXVI : Du rouge, du noir, de l'or. Cousu main.

FC UMP : Costumes sobres. Dior et Yves Saint-Laurent.

 

Composition des équipes :

RC PapOT BXVI : Le Pape et ses Cardinaux.

FC UMP : Attaque classique avec Nicolas Sarkozy en pointe soutenu par Henri Guaino. La tactique adoptée, dite du "Centre droit catholérant radical", impliquait un équilibre entre les ailes, d'où la sélection de Patrick Buisson sur l'aile droite et de Bruno Frappat à gauche.

 

Organisation tactique :

RC PapOT BXVI : 2-2-4-1-1, à tendance offensive tout en laissant le ballon à l'adversaire. Jeu direct en contre-attaque. Tactique dite du Grand Seigneur qui n'a besoin que d'un point.

FC UMP : 5-4-1 dit "de la sécurité à visage humain" (formule du préparateur physique de l'Olympique du Ministère de l'Intérieur). Remontée de balle fébrile depuis l'arrière avec Brice Hortefeux, libéro resté à Paris, qui annonce ne pas être au courant du fichage des Roms. Puis, du classique, attaque plein centre en solo de Nicolas Sarkozy.A noter la technique particulière de ce joueur, qui depuis quelques jours tutoie les sommets et les présidents étrangers.

 

Avant-match :

Psaumes pour l'équipe vaticane, pendant que les Français signaient des autographes à la sortie des vestiaires, d'où un coup d'envoi retardé de quelques minutes. "Aucune importance, il faut bien que jeunesse se fasse" aurait dit un dirigeant vatican.

 

Faits de jeu :

Le président français  tenta une attaque de charme et de génie avec Chateaubriand, joker original de luxe offert à l'adversaire en fin de première mi-temps, mais la réponse papale ne se fit pas attendre : d'une feinte de corps, Benoit XVI effaça le poète et déposa une gravure et une faïence dans le bagage adverse.

Le match fut courtois, l'arbitre norvégien ne se manifesta que rarement. Il avertit néanmoins les joueurs de l'attribution d'un prix Nobel à un dissident chinois, ce qui ne provoqua aucune réaction de la part des Français d'habitude si contestataires. Cette annonce et le silence économique du capitaine de l'UMP furent salués à la fin du match par les sifflés du public sino-français venu en nombre assister à la rencontre.

 

Score final : 0-0. Un point, une faïence, une gravure pour pour la chambre du chien, un chapelet pour la belle-mère. En temps de crise intellectuelle, il faut savoir se contenter de peu.

 

Réactions :

Le Vatican salue l'ambiance "cordiale" dans laquelle se sont déroulés les débats.

Le capitaine du FC UMP ne s'est pas exprimé, contrairement à son habitude. Il faut dire que zéro but, une demi-occasion et un prix Nobel contestataire, il n'y a pas de quoi pavoiser.

François Bayrou réprouve ces points grappillés à l'extérieur du pays et hors de la politique. Il réfléchit à une plainte auprès de la FIFA.

Martine Aubry, souffrante, s'est refusée à tout jugement.

Jean P., patron du Café de la Paroisse, près de chez moi, a regretté que le match ne fût pas télévisé.

 

 

 

Pendant ce temps-là, il y avait du foot !

Irlande 2 - Russie 3

Un bon match, spectaculaire, agréable à regarder, deux équipes pleines d'entrain. Première fois que l'auteur de ces lignes a l'impression qu'Archavine est un joueur de football. Une mi-temps vodka, une mi-temps Guinness. Sauf que la vodka se boit plus vite.

(Bande-son : Georges Brassens, "Il n'y a pas d'amour heureux".)

Publié dans Match

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