Dislike me, I'm on facebook.

Publié le par Julababa

L'UEFA Europa League est considérée par certains comme la Coupe d'Europe des pauvres, par d'autres comme la Champions League des losers. Pour un certain nombre de spectateurs, elle est la véritable héritière de la Coupe des Villes de Foire, de la Coupe des Coupes, de la Coupe des Clubs Champions dont elle a su conserver l'authenticité. Elle est la véritable Coupe d'Europe qui fait découvrir des clubs et des villes aux noms exotiques : Maccabi Tel-Aviv, Dinamo Moscou, Birmingham City, Real Saragosse, FC Cologne, des noms qui changent des Barça, ManU, Inter. Des joueurs différents, aussi, parmi lesquels on retrouve d'anciennes gloires de la Ligue des Champions MasterCard-Playstation, parmi lesquels on découvre parfois la future idole de Bernabeu.
Ce n'est pas pour l'argent que les clubs visent l'Europa League, c'est pour les voyages improbables dans le Caucase, les commandos armés en Israël, le fogg anglais, les pâturages d'Irande, les coins pluvieux d'Espagne. Qui n'a pas senti dans les commentaires de Guy Roux une subtile indécision entre le désir de voir l'AJ Auxerre battre le Zénith et la nostalgie des émotions de la coupe d'Europe d'antan que seule la League Europa procure encore ? Pourquoi diable le match Young Boys de Berne - Tottenham a-t-il été retransmis en direct par Canal+ un mardi soir à 20h30 ? Acte de militantisme : diffuser un insipide match de qualification pour la C1 qui ferait un super quart de finale de C3 !

De passage au Zaman Café, Franz B. en ressortit vite, la moue dédaigneuse soufflant à son accolyte Michel P. : "C'est quand même dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes." Et en effet, c'est dans ce vieux pot des terroirs du foot que sont expérimentées les nouveautés. Ainsi de la BAPBOOSPSCEOP - la "Brigade Anti Polémique sur les Buts Où On Sait Pas Si C'est Entré Ou Pas", communément appelée "cinquième et sixième arbitres".

A l'occasion du match PSG-Maccabi Tel Aviv, ce soir, sera testé le tant attendu Dislike finger. Lorsque un attaquant manque un contrôle ou une reprise de volée, il est d'usage qu'il se tourne vers le passeur, le pouce ostensiblement levé, afin de lui signifier que la passe, elle, était bonne. Façon civilisée de féliciter autrui tout en reconnaissant sa propre erreur. Cependant, l'observation minutieuse du comportement de certains joueurs permit aux développeurs de la section Gestuelle du produit Football moderne de démontrer que ce geste souffrait de l'inexistence d'un signe qui lui serait antagoniste. Thierry Henry, en particulier, grand utilisateur du Good Job Finger, en définissait trois usages sensiblement différents : l'usage apologétique (s'excuser de ne pas être à la réception d'une bonne passe), l'usage incitatif (signifier que la passe n'était pas bonne, mais que ça arrive, mon gars, c'est pas grave) et l'usage poussif (tu te fous de ma gueule ? c'est une passe, ça ?). L'attaquant français se plaignait récemment de ne pas pouvoir signifier à ses nouveaux coéquipiers américains la différence entre les deux derniers Fingers (voir Pierre M., Dialogue avec la taupe de mon jardinier, Plouf, Deauville, à paraitre fin 2010).

En collaboration avec les développeurs de Facebook qui ont récemment adapté le Good Job finger à leur site communautaire (le fameux I Like button), vient donc d'être créé un Dislike finger. Eric C., le père du projet, nous explique : "Le geste est simple, il s'agit de pointer le pouce vers le bas au moyen d'une imperceptible rotation du poignet accompagnée d'une grimace de dépit n'ayant d'autre but que d'éviter la confusion avec l'imperturbable geste de mise à mort des gladiateurs dans la Rome antique. C'est très important : ton coéquipier est nul, il doit le savoir, mais il a le droit de continuer à jouer." Pedro P. a participé aux essais : "Ça va révolutionner le football. C'est bien plus important que les dernières chaussures Nike avec un grelot qui prévient de l'arrivée d'un défenseur. Si j'avais eu ça au PSG..."

Encouragés par des tests probants cet été sur les plages, les développeurs n'en restent pourtant pas là. Franck L. : "Le monde du foot est trop policé. Jamais personne n'osera baisser le pouce en plein match. C'est trop hard. Nous travaillons sur une version online : ce sont les internautes, via leur compte facebook, qui approuveront ou désapprouveront les actions. D'une part, le public n'a jamais peur, lui, de critiquer ; d'autre part nous saurons ainsi en temps réel ce qui lui plaît ou non, quel joueur est bon ou pas : à nous d'adapter le produit au client."
Qui aurait cru qu'internet finirait par rendre le football plus authentique, plus proche des vrais gens ? Chiche !
 
Au fait, on parle, on parle, mais certains jouent au football !
 
LOSC 0 - PSG 0
(Bande-son : Youssou N'Dour feat. Neneh Cherry, "Seven seconds")
Un match moins mauvais que ne le disent les commentateurs de Canal+.
 
Zenith Saint-Pétersbourg 1 - AJ Auxerre 0
(Bande-son : Чайф, "В городе трёх революций" à écouter ici : http://www.chaif.ru/diskografija/ne_beda/v_gorode_trex_revoljutsij)
Pas si loin que ça... (quatre heures de vol à peine et un petit but dans la valise)

Publié dans Futurisme

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Yaya L.B. 19/08/2010 17:23


Même sur ce blog qui avait pourtant l'air sérieux jusque là, on nous ment. Facebook n'a jamais pensé mettre un bouton "Dislike", et n'approuve pas même les tentatives, plus ou moins sérieuses, qui
ont été faites jusque là.
http://www.sophos.com/blogs/gc/g/2010/08/16/facebook-dislike-button
Il me semble clair qu'on essaie ici de nous duper afin d'accéder à nos informations personnelles et prendre possessions de nos vies. Heureusement, Laurent B. est arrivé et va sauver le monde de
cette injustice. Quant à vous vous mériteriez 18 matchs de blogosuspension.


Julababa 20/08/2010 00:02



Merci pour ce commentaire, cher Yaya L.B., qui m'a fait me relire une énième fois et découvrir une confusante coquille...