Hulk et les autres.

Publié le par Lucie Lassie

En 1934, l'Italie avait le fascisme, en 1974 la RFA avait le futur bon mot de Gary Linecker, en 1998 la France avait Zidane et l'idéologie black-blanc-beur. Pour remporter la Coupe du Monde 2014 qu'il organise, le Brésil compte sur Hulk, qui fêta mercredi sa troisième sélection en équipe nationale.

 

Comparé tantôt à un éléphant, tantôt à un bus, l'attaquant du FC Porto détonne dans le monde policé du football professionnel. Meilleur buteur en Europe pour la saison en cours, il reconnaît avoir dû faire des concessions pour atteindre ce niveau : "Pour masquer mon teint vert, je suis obligé de faire deux heures d'UV par jour. C'est vrai que je résiste aussi bien au froid qu'à la chaleur, mais quand même, pour un gars qui aime bouger, c'est dur... Heureusement que mon pote Iron Man m'a construit des tenailles automatiques qui me maintiennent allongé le temps nécessaire !"

 

Après la nationalisation, dans les années 2000, de joueurs sud-américains par quelques riches états du Golfe, il semblerait que le recrutement de super-héros soit à la mode. Les derniers films à succès semblent en effet avoir mis la puce à l'oreille des fédérations en mal de gloriole. Si la sauvagerie amazonienne de l'incroyable Hulk ne pouvait que séduire le Brésil, la Russie, dans l'optique des Jeux Olympiques de Sochi et de la Coupe du Monde 2018, penserait à Iron Man, successeur naturel de l'Homme d'Acier. Roman Abramovitch serait chargé des négociations : "entre hommes d'affaires, on se comprend" aurait dit Dimitri Medvedev, sans qu'on sût exactement à qui ni à quoi il faisait référence. Les X-Men aux Pays-Bas, la Panthère Noire au Cameroun, le Bouffon Vert en Belgique, voilà les pistes étudiées par les différentes fédérations.

 

Bien sûr, l'apparition de cette nouvelle génération de footballeurs n'est pas du goût de tout le monde. Alors que le président de la commission d'éthique, notre Ange Vert National, ne trouve pas tout ça très moral, les joueurs se la jouent plutôt plaignants masqués. Un brésilien que nous nommerons N., attaquant du P.S.G., exprime son désarroi en ces termes : "Des années que j'attends cela, que je me consacre au football, et quand enfin je fais plus d'une demi-saison à un bon niveau dans un club de premier plan, il faut qu'un gros tas de muscles génétiquement modifié se mette au foot !" E.A., gourou togolais, est du même avis : "Alors mon sourire et ma bonne humeur ne servent à rien ? Je fais le mec gentil, mais si c'est comme ça, Benzema, je vais vous le bouffer fissa !"

 

Quoi qu'il en soit, nous pouvons d'ores et déjà rassurer tous les tombeurs de ces dames, les Cristiano Ronaldo, Gourcuff et Iniesta : nous tenons de source sûre que jamais Spiderman ne viendra prendre leur place. Il n'aime pas le football.

Publié dans Futurisme

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