Képi échaudé craint la pluie (proverbe policier).

Publié le par Gilbert Té

Lorsque deux adversaires se félicitent de l'issue de l'affaire qui les oppose, laissons aux femmes et aux esprits chagrins le soin de se réjouir d'une apparente réconciliation. Mieux vaut chercher lequel des deux sourires est aveugle, suivant en cela l'intuition de Platon, antique organisateur de banquets réputés et de débats publics : lorsque deux adversaires sourient, il est logique de conclure qu' au moins un des deux ne sait pas de quoi l'affaire retourne.

 

Qui ne s'est jamais emporté quand, à la deuxième minute d'un match, Van Bommel sèche son adversaire direct d'un tacle inutile au milieu du terrain ? Qui ne s'est pas réjoui du carton jaune infligé par l'arbitre ? Mais qui ne s'est pas demandé pourquoi le Néerlandais continue de sourire malgré l'avertissement ? C'est que le grand bouclé sait  pertinemment que le carton est inutile puisqu'il n'aura plus besoin de sévir : plus averti par le coup de pied que le Batave par le carton, l'attaquant ne reviendra pas de sitôt. Tout le monde est content, mais il n'y a qu'un vainqueur.

 

Hier, la liberté d'expression a gagné un combat, paraît-il : le commandant Matelly, mis en congé forcé pour avoir critiqué la hiérarchie dans ses travaux universitaires, a été réintégré par décision du Conseil d'Etat. "Hourra !" crie-t-on à ma gauche. "Voyez notre état de droit", sourit-on à ma droite. Le gendarme se dit heureux de retourner au travail, mais néanmoins averti et peu enclin à récidiver : il a décidé d'abandonner les activités universitaires incriminées.

 

Au CNRS, Jean-Hugues Matelly poursuivait des recherches sur la politique de sécurité du gouvernement français.

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