Le péril jaune.

Publié le par Maya Kovskaya

Bien sûr, de si loin, difficile de juger. Pensez-vous : plus de trois ans sans toucher du regard la courbure grise des murs du Parc des Princes. Bien sûr, comme nous l'écrivions il y a une semaine, le wifi et deux mille quatre cent soixante-dix-huit kilomètres déforment l'image, le son, le temps, le jeu.

 

Mais quand même.

 

Entendu d'ici, le Parc semble endormi, les chants sont tus. Bien sûr, les cris scandés par quelques irréductibles rebelles résonnent toujours aussi particulièrement. Mais ils rappellent  déjà moins un flux de marée grondant du fond des coeurs que les cris nerveux et désespérés d'un corps qui s'endort et tente de résister à la léthargie.

 

Vu d'ici, le Parc n'est plus ni rouge ni bleu. Les banderoles ont disparu. Hier soir, de dangereux essaims de maillots jaunes sautaient de joie en toute impunité. Au Parc des Princes on peut maintenant supporter son équipe sans se faire prendre à partie, sans souffrir aucun quolibet, aucune raillerie. On peut crier le nom de l'équipe visiteuse et entendre l'écho de sa voix.

 

Qu'ont-ils donc fait ?

 

A vouloir rendre le plus beau stade de France aux familles, à refouler les brigands sans distinction, ils anesthésient le choeur. Qu'ils prennent garde : Un stade est comme un chanteur d'opéra, s'il ne chante plus, il perdra sa voix.

 

Et on dirait qu'ils savent ce qu'ils font. Et qu'ils en sont contents.

 

 

Ça n'empêchait pas certains de jouer au football :

Paris-Saint-Germain 0 - Borussia Dortmund 0

Un match agréable, disputé. Bon, Erding est toujours aussi mauvais face au gardien. Edel a dû recevoir de ses amis arméniens des manti parce qu'il ne nous a servi aucun ichli kefté. On en redemande !

(Bande-son : Чайф, "17 лет", à écouter ici)

Publié dans Politique

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