Numérologie - calendes.

Publié le par Arnaud Strada

Dimanche 10.10.10, il y eut bien un "bug" - verlan pour "gueule de bois". La France du foot, retrouvée après la victoire éclatante contre la Roumanie, fêtait dignement le Pelé-Maradona-Zidane Day (en français : la Fête Kopa-Platini-Zidane ; en français de souche : saints Daniel-Aldric-Cerbonius etc.). Terminé le syndrome du Stade de France, oubliée la Biélorussie ! La France est en tête de son groupe, le Méchant du football est maintenant De Jong et les Irlandais sont toujours aussi mauvais.

 

Lundi, après saint Zidane, c'était saint Adidas : le 10+1 Day. Car le foot, c'est bien connu, c'est dix joueurs plus... The One. There is only one... Zidane, Beckham, Rooney, Torres, Totti, Messi, etc. Ca fait beaucoup de The One. Et beaucoup de numéros 10, 7, 8, quelle foire d'empoigne ! On se croirait en début de saison : le 4, c'est moi, non c'est moi, alors je prends le 11 - hop ! pas touche à mon maillot ! Des pros en bleu jusqu'aux divisions d'honneur à maillot crotté, toujours la même chanson : le numéro fétiche, le numéro de la star, le numéro de l'avant-centre. Porter le numéro 9 quand on n'a pas marqué depuis trois ans, c'est toujours ça. Benzema est le 9 du Real Madrid et le 10 de l'Equipe de France ! La classe sur le C.V. !

 

Et puis vint le 12ème homme. Celui qui crie, qui hurle, qui gueule, qui maugrée, qui critique, qui justifie, qui raille, qui grogne, qui a son avis sur tout. Non, pas l'entraîneur, le public. Celui qui achète les maillots, les écharpes, les casquettes, qui claque des millions et parfois vient au stade. Aujourd'hui, à Metz, une fête en son honneur est organisée : l'équipe du Luxembourg offerte en holocauste à la France profonde, à la France souffrante - et on espère tous que l'agneau se laissera gentiment égorger, avec abondance de sang giclant sous les ola ! populaires.

 

L'entraîneur, lui, n'a pas de jour fixe. On ne le fête pas. Il est un onze-ou-douze-et-demi. Il tient du supporteur et du journaliste. Comme eux, il aime disserter du 5-3-2 et du 3-1-4-1-1. Comme eux, on n'est jamais sûr s'il n'est pas dupe de ces dissertations. Si le journaliste n'est souvent qu'un supporteur qui a la parole, alors l'entraîneur est un journaliste avec un pouvoir de décision. Bref, un mage.

 

A lui la nuit. Quand tous dorment, son équipe se crée. Il sent les rêves de ses joueurs, il rêve qu'il les organise. Il compte les centres, les divise par la date, ajoute les coups du sort, les tacles, retranche la petite ourse, la grande ourse, le prix de la baquette, multiplie par pi, divise par pi, se trompe, réfléchit, recommence. 73,491211657876 ! Donc, on jouera en 4-4-2. Guillaume Hoarau mesure moins de deux mètres ? Le compte est bon !

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