Ô fraternité !

Publié le par Fabrice

Il est rassurant de constater qu'en dépit des cultures et des civilisations, des us et des coutumes variant d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre, que par-delà toutes nos différences, c'est bien toujours le même Homme qui sévit ici et là.

 

Bien que les cuisines traditionnelles, les littératures, les architectures, les politesses et tous arts de vivre ou arts-beaux s'entêtent à nous différencier, à nous particulariser, à nous stigmatiser, quelle douceur de s'apercevoir soudain que la barbarie a le même visage de Paris à Moscou !

 

Oui ce sont bien les mêmes bandes écervelées, bêtes, rôdant inactives entre deux coins de rues, deux squares, deux bosquets, à la tombée de la nuit entre chien et loup sautant sur le passant pour le tabasser et ne rien lui prendre : juste comme ça, pour rire, pour la blague. Parce que c'est drôle, sans doute, à sept contre un de claquer de la bosse à coups de pieds, de talons, de barres à mine peut-être. C'est bon, ça fait du bien de rire un grand coup.

 

Hier soir, la rue Tverskaïa de Moscou - la grand-rue de cette capitale - avait des faux airs des rues avoisinant le Parc des Princes un soir de match. Hier était le 31 mars, et comme chaque 31, une manifestation était organisée au pied de la statue de Maïakovsky en défense de l'article 31 de la Constitution qui garantit le droit de... manifester. Chaque mois, quelques dizaines de manifestants s'y retrouvent et tentent de scander des slogans hostiles au régime sous bonne garde de régiments d'OMOH - les CRS locaux - et de policiers. Trottoirs bordés par les forces de l'ordre armées, accès interdits, contrôles d'identité, banderoles déchirées, des défenseurs libéraux de la constitution traités comme d'agités amateurs de football. A moins que ce ne soient les habitués des stades de football qu'on considère comme de dangereux révolutionnaires.

 

Petite différence, néanmoins : assurés par l'habitude et par les ordres de leurs supérieurs que la soirée se finira par plusieurs arrestations, les policiers russes affichent un visage détendu, quasi badin, pendant que leurs collègues français, frustrés d'avance et incertains, font de l'agressivité préventive. Autres pays, autres moeurs, quand même.

 

 

Au fait, il y eut du football !

France 0 - Croatie 0

Les absences de Lilian Thuram et de Davor Suker n'ont pas permis aux deux équipes de se départager. Quant au match dans le match entre Slaven Bilic et Laurent Blanc, il est à noter qu'aucun des deux n'a fini le match sur le terrain : un progrès de l'arbitrage ?

(Bande-son du match : Hugues Aufray, "Santiano")

 

 

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