Qu'on en revient toujours là...

Publié le par David Sent

De tous les philosophes, Blaise Pascal est celui qui parle le mieux du football : "Que l'on a bien fait de distinguer les hommes par l'extérieur, plutôt que par les qualités intérieures! Qui passera de nous deux? qui cédera sa place à l'autre? Le moins habile? mais je suis aussi habile que lui, il faudra se battre sur cela. Il a quatre laquais, et je n'en ai qu'un: cela est visible; il n'y a qu'à compter; c'est à moi à céder et je suis un sot si je conteste. Nous voilà en paix par ce moyen; ce qui est le plus grand des biens." (Pensées, Br. 319)

 

Comme l'indiquaient les Unes de L'Equipe de mercredi et jeudi ("Ce serait formidable" et "Fin"), le monde entier jusqu'au Japon avait mercredi les yeux rivés sur Madrid où Lyon allait se faire manger par le Real. Manger, oui, plutôt que dévorer, car lorsqu'on tient le Lyon entre ses mains, on le regarde, on le fait mijoter, on le goûte, on le déguste, on le finit par petits bouts, doucement, le déplumant lentement de sa fatuité, de son arrogance, et on finit par sourire devant le tas d'os gisant, à rire de tant de médiocrité.

 

Y ont-ils vraiment cru ? Journalistes, joueurs, dirigeants ? Ont-ils vraiment cru que leur dogue ferait le poids ? Sans doute, tant ils glosaient sur le pourquoi du comment, tant ils ruminaient leurs options tactiques, tant ils se délectaient des choix possibles aux différents postes : du Delgado ou du Briand, du Gomis, du Bastos, du Gonalons, du Pjanic, stop, n'en jetez plus !

 

Pour un club qui a connu sa plus grande gloire dans les années 2000, en même temps que les tournois de jeux vidéos, les Fifa, les PES, comment ne pas ressembler à ces spécialistes de la manette dont les avant-matchs durent plus longtemps que le jeu : épuisés par la mise en place tactique de leurs joueurs, déplacés un peu plus à droite, un peu trop à gauche, replacés, annulés, remplacés, quand le match commence l'envie leur a passé.

 

Car on peut bien accuser Puel d'être mauvais tacticien, mauvais entraîneur, mauvais gestionnaire d'hommes et de forces, il faut aussi avouer une chose : l'OL n'avait pas le niveau. Difficile, bien sûr, à la claque médiatique de ne plus se cacher derrière les blessures pour rabaisser celui qu'elle a encensé pendant deux ans, mais admettons-le : dès que ça va un peu vite, Gourcuff est dépassé.

 

Nous sommes noyés de schémas de jeu, de considérations tactiques, d'hypothèses d'avant-match, de conditionnels d'après-match, qui nous font oublier ceci : n'en déplaise aux intellos de la baballe, le football reste une affaire de forces. Bien sûr, celles-ci sont malaisées à compter, et les équipes fortes sur le papier ne vainquent pas toujours à la fin, les bons jongleurs à l'échauffement ne font pas toujours les meilleurs passeurs en match. C'est le match seul qui est la réalité de ces forces. Il n'y a rien à regretter ni pour Marseille, ni pour Paris, ni pour Lyon. Lucho, Nenê, Gourcuff n'avaient pas le niveau pour tirer leur équipe plus haut que les huitièmes de finale.

 

C'est être sot que de le contester.

Publié dans Philosophie

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Lou 18/03/2011 22:22


"n'en déplaise aux intellos de la baballe, le football reste une affaire de forces."
Votre affaire à vous ce n'est pas vraiment le football. La cueillette des olives à Vladivostok peut-être mais le football...non.
Avant d'essayer de parler de foot je vous conseillerai de lire "La tactique pour les nuls", "Une défense en ligne c'est quoi?" ou le R Goethal illustré" ce sera déjà une base. Une petite base parce
que vous partez de vraiment très loin. Mais bon... Qui n'essaye rien n'a rien.


D. 30/08/2011 15:50



Bah! Sachez lire, ça vous évitera de vous emporter et d'écrire des âneries.