Renvoyés dos à dos.

Publié le par Jimmy Rocaille

Le sort du match Barcelone-Arsenal d'hier soir s'est décidé sur un fait de jeu. D'abord, il y eut ces longues minutes où Szczesny se crut blessé, puis valide, puis reblessé, puis mit une bonne minute pour sortir du terrain, ce qui offrit à Messi plus de temps supplémentaire en fin de première période qu'il n'en a besoin pour dire une première messe. Ensuite ce fut Busquets qui décida que les défenseurs avaient le droit de marquer et qu'un but contre son camp aussi pouvait être beau.

 

Mais ce qui fit vraiment la décision, c'est l'expulsion de Van Persie. Car alors que la lourde défaite devait rabattre le caquet à tous les encenseurs de la bande à Arsène, ce carton rouge leur a permis de mettre l'énième déroute de leur équipe sur le compte d'une décision arbitrale mal inspirée.

 

De quelle mauvaise foi ne faut-il pas être imbu pour prétendre comme Van Persie que son expulsion "a grandement influencé le résultat." Car lorsque l'arbitre sortit le carton rouge, cela faisait cinquante-sept minutes - depuis le début du match ou la fin de l'échauffement - que pas un joueur d'Arsenal n'avait tiré au but. Car Arsenal était laborieuse et chanceuse en défense, inconsistante et rechanceuse en attaque.

 

Mais la mauvaise foi n'est pas de l'hypocrisie : plutôt une sorte d'aveuglement, foi véritable en une situation fausse par elle-même. Même malformation professionnelle chez l'arbitre, certain d'avoir pris la bonne décision puisque couvert par le règlement. Le règlement n'a pas d'oreilles, pourtant ; l'arbitre, si, mais bouchées déjà par cinquante-sept minutes de bronca. Il n'avait plus que ses yeux pour entendre, croit-il se défendre.

 

Deux cow-boys de mauvaise foi renvoyés dos à dos par un match dont ils pourrissent l'écho. Au fond, Van Persie pourrait au moins regretter son premier carton jaune pour une gifle peu reluisante - au moins, avec sa coiffure de premier de la classe, qu'il joue les saintes-n'y-touchent dures de la feuille jusqu'au bout. Quant à l'arbitre, il a manqué une occasion de se mettre en grève.

 

 

A part ça, il y avait du foot.

Barcelone 3 - Arsenal 1

(Bande-son du match : Bob Dylan, "Just like a woman")

Publié dans Match

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