Ronnie ne téléphone plus maison.

Publié le par Norman Kya

Dix ans ! Cela faisait dix ans que Ronaldinho était parti de chez lui, dix ans d'exil volontaire à Paris, Barcelone et Milan. Dix ans de dribbles, de buts, de passes aveugles, de grands ponts, de ficelles et de foulards.

 

Dix ans de coupes au bol, de frisettes, de bandeaux, de bonnets, de chaînes en or, de sourires accrocheurs, de crocs étincelants et d'yeux globuleux.

 

Dix ans de joie, mais dix ans de cafard aussi. Qu'il marquât, sortît du terrain ovationné ou croisât des supporteurs après un match terne, c'était toujours le même regard fixe et vide, le même sourire béatement figé et la même main levée : le pouce et l'auriculaire tendus, les trois autres doigts repliés, mimant le seul appareil qui le reliât à sa famille et à ses proches restés au pays.

 

Comme un célèbre extraterrestre de cinéma au cou extensible et à la cage toracique translucide, Ronaldinho aimait les gadgets, la télé et les chips. Mais le seul avatar de la modernité dans lequel se concentrât sa vie, son âme, c'était le téléphone.

 

De joie ou de peine, toujours il levait le bras et agitait la main. Ni "coucou" ni "j't'appelle", c'était son cri d'angoisse, sa peur de la distance, sa saudade.

 

Ô téléphone !

Ta voix est celle de mes proches,

Ton visage celui de mon aimée,

Tu m'écris dans une langue qui me chante,

La langue de mon pays.

 

Ô mon pays,

Ô Brasil !

Publié dans Famille

Commenter cet article