Tous égaux devant la loi, sauf certains.

Publié le par N. Gels

A l'heure où une partie des populaires s'inquiète dans la rue de la lente disparition de la retraite par répartition, l'autre - non moins populaire mais plus frileuse - s'attaque à l'égalité des droits et aux libertés. Petit à petit des fantômes de castes naissent dans l'esprit de certains phantasmant un privilège : l'aumône de la solidarité.

 

Ainsi certains esprits forts ont-ils décrété qu'à partir d'un certain revenu, se plaindre d'un revers de fortune était interdit. Ils s'offusquaient donc, ils criaient au voleur de découvrir que Raymond Domenech, milliardaire patenté, pointait à Pôle Emploi depuis son licenciement. Comment ? Quoi ? Horreur ! Brigand de grand chemin sous contrat (ce que sont tous les riches), racketteur du peuple au chômage : Non monsieur, la solidarité, c'est pour les pauvres.

 

Mais la loi étant la loi, elle est forcément injuste - d'autant qu'elle est sortie de la tête d'un député bourgeois payé à vie ce que le camarade Raymond ne touche plus. Donc, Raymond pointera. Et il pointa, le bougre ! Ma droite crie : "Quel toupet !" ma gauche s'insurge : "Quelle honte !" le centre se réveille en sursaut : "Bah, il a du mérite... Hein ? Fallait pas le dire ?"

 

La défaite passée n'étant que l'espoir d'une bataille future, comme aurait dit Cambronne (qui n'a dit ni défaite ni bataille, mais bien m...), les populaires attendirent leur heure. L'ennemi se terrait dans son quartier, jean-baskets-col en V, ni vu ni connu, je suis un chômeur normal. Mais il fit une erreur : Un jour qu'il était seul à la maison, chômant en pantoufles et robe de chambre, il tomba sur le dictionnaire ouvert aux I. Indemnité - Le mot lui sauta aux yeux. Quel mauvais diable le tracassait ainsi ? Car c'en était fait du calme et de la sérénité : il avait le droit à des indemnités. Licencié. Indemnisé.

 

"Non ! crièrent nos Don Quixote de la manche et de l'aumône sociale : Il n'aura rien !" L'argument était trouvé : Faute grave. Il a perdu, il a fauté. Il a sélectionné Govou. Il a lu le communiqué. L'équipe jouait mal même en 4-3-3. Il ne lisait pas Metro tous les matins. L'Etat-major de la FFF n'était plus la seule à dormir pendant les matchs. La moustache du mousquetaire de la Ligue trempe dans la soupe. Certains pensent même qu'il aurait soufflé une demi-douzaine de réformes passées et futures à Nicolas Sarkozy. Le chef d'accusation est long comme le bras, monsieur Prudhomme nous bâclera ça vite fait avant de marier sa fille. Tous à la noce !

 

Bref, le pauvre salarié de la pétrochimie ne veut pas que le riche licencié d'une usine à gaz soit traité en citoyen. La faute aux syndicats, sans aucun doute.

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