Vieilles légendes.

Publié le par LuC

Les grands joueurs ne vieillissent pas. Ils naissent, mûrissent, puis s'épanouit leur talent qui se maintient tout là-haut, au sommet de leur art d'où les vrais grands ne redescendent jamais.

 

Bien sûr il y a les blessures et la vie. L'alcool,  la drogue ou juste une femme. Mais cela même qui pousse certains hors des existences monotones d'embourgeoisés du ballon, c'est aussi leur talent, c'est parfois leur génie.

 

Au contraire, l'entêtement de certains à vouloir jouir toujours d'une gloire déjà fânée est péché. Courant d'un club à l'autre à cheval sur pays et continents, ne poussant plus le ballon que du bout de leurs pieds mollassons, ils jouent moins au football qu'au footballeur.

 

Non, les grands joueurs ne se laissent pas vieillir. Ils sifflent la fin de leur carrière avant que de plus jeunes ne les boutent en touche puis en tribune. Ils sentent, ils voient, ils savent. Puis ils s'arrêtent.

 

Alors ils entraînent, ils recrutent, ils conseillent, certains se répandent dans gazettes, journaux et biographies : si ce n'est sur un terrain, il faut bien que vieillesse se passe. On fait appel à leur mémoire, à leurs souvenirs, et la gloire et la jeunesse ensemble toujours sont ravivées.

 

Un jour, pourtant, on sonne à leur porte. Sur le pas de la porte patiente un petit homme au front dégarni au milieu de bouclettes noirs, un moins ancien de la Chose reconverti en président de fédé. Ils ouvrent, il sourit. Tout en surveillant du coin de l'oeil sa voiture garée au bas de la rue, il les félicite, leur rappelle combien ils ont compté pour le monde du football et leur offre un trophée, en cette année où ils n'ont marqué aucun but et fait aucune passe.

 

Alors ils savent que c'est fini. Quand la légende est trophée, c'est le signe que ça y est. Ils sont vieux.

 

 

 

Le 5 février prochain, Raymond Kopa recevra chez lui à Reims des mains de Michel Platini le "Prix du Président de l'UEFA 2010". Il succède à Alfredo Di Stefano, Bobby Charlton et Eusebio, tous anciens vainqueurs du Ballon d'Or mais soulagés d'enfin recevoir la récompense consacrant leur immense carrière. D'après nos informateurs, Franz Beckenbauer hésiterait entre s'offenser qu'on le fasse patienter et se réjouir du sursis.

Publié dans Hors-jeu

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